L'ETRANGERE avec Odile Pétro-Léal

L'ETRANGERE

 

Création 2007

 

 

                                            - Texte de Caya Makhélé                                                        - Lumière : Carlos Perez

                                            - Mise en scène : Odile Pédro Leal                                         - Décors : Odile Pedro Leal

                                            - Assistant : Eric Delor                                                            - Costumes : Carmen Bagoé

 

Distribution

 

- Yémanja, fille de l’exil, déesse des touloulous ………………Odile Pedro Leal

- Tillios, vieil homme aveugle, ami de Elékham ……………...Gladys Arnaud

- Elkham, mari d’Ansrad et père de Balikoul ………………....Roland Zéliam

- Balikoul, porte-pouvoir, fils d’Ansrad et de Elékham ……… Jean-Bernard Ekam Dick

- Ryammie, canéphore ………………………………………...Gladys Arnaud

- Ansrad, mère de Balikoul ……………………………………Lima Fabien

- Vaval …………………………………………………………Jean-Marc Lucret

- Kwalaye, officier, aide de camp de Balikoul…………………Ferdinand Batsimba


Note de l’auteur :

RAMIFICATIONS

 

            C’est à travers un univers de croyances syncrétiques que je vous convie. Un univers de ramifications où les êtres sont multiples. Hommes ou dieux, ils ont des destins quotidiennement liés par une histoire commune.

            Celle qui mène le bal est Yémanja, la déesse, fille des dieux vaudou, ainsi que tous ceux partis d’Afrique et qui désormais habitent le monde, donc, fille des dieux de la rencontre du souvenir, du martyr, du métissage, de la ramification et de l’espoir. Ces dieux, comme l’explique Gert Chesi, « ne sont pas bienveillants, comme ceux des autres religions. Ils sont humains et inhumains, ils sont animal, plante, minéral, ils sont tout. Ils utilisent l’homme pour leurs fins comme l’homme les utilise pour les siennes. Ils sont physiques et métaphysiques, ils ont des visages interchangeables à l’infini. Celui qui les domine est lui-même dieu, celui qu’ils dominent reste un instrument, un jouet, le – pion – de l’échiquier céleste du vaudou, toujours sous la menace du sacrifice ».

            Avec Yémanja, le sacrifice et l’expiation auront bien lieu, et de manière douloureuse à travers une inversion des valeurs. Ainsi, les femmes qui se rallient à elle, se métamorphosent en touloulous, actrices d’un rituel propre à la Guyane.

            Dans toute la Guyane, pendant le carnaval, les femmes portent des masques et deviennent des touloulous ; corps sans visage, maîtresses du péché originel et reines du carnaval. La plus belle des touloulous, la séductrice, est celle qui entraîne les hommes vers la mer, puis en Enfer. Ainsi, dans cet univers, c’est la Touloulou qui mène le jeu, avec la bénédiction de Vaval, le diable espiègle, frondeur et irrévérencieux.

            Avec l’aide des touloulous, Yémanja assouvira sa vengeance sur une terre et un peule qui ne se souviennent plus d’elle. Yémanja, reine des touloulous, instaure les toucanades, fêtes à la fois religieuses et profanes, véritables carnavals où les interdits sont oubliés. Chaque toucanade est une réconciliation avec sa propre histoire, ainsi qu’une reconnaissance indéniable de l’acte d’appartenance à l’histoire du monde. Mais, Yémanja revient sur le continent en guerre civile permanente, dévasté par la famine et les maladies, un continent inapte à se forger un destin dont seraient fiers tous ses fils exilés à travers le monde, un continent incapable de reconnaître ses propres errements. Yémanja devient alors, naturellement, la conscience de tous les exilés, captifs d’hier, aujourd’hui volontaires. Yémanja est le chant de la terre, de toutes les terres natales, chant simple, grand ; tenace et expiatoire.

 

C. M


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Dernière mise à jour de cette page le 04/02/2010

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